Témoignages écrits 2

Récit d’un accouchement par césariennes classique et extrapéritonéale

Ayant vécu une césarienne classique pour mon premier enfant puis une césarienne extrapéritonéale pour mon second enfant, je souhaite communiquer mon expérience aux mamans s’interrogeant sur cette méthode.

 

Ma première grossesse s’est passée sans aucune difficulté (prise de poids de 10 kg, aucune pathologie, beaucoup d’énergie, de sport). Puis 15 jours avant le terme, j’ai rompu la poche des eaux et nous nous sommes rendus à la clinique de Montpellier. Après plus de 15 heures de travail, j’étais épuisée et le bébé commençait à souffrir : une césarienne a donc été réalisée en urgence. L’opération a duré environ 45 minutes, je me suis sentie seule derrière un champ stérile, l’équipe s’activait sans me parler (j’ai eu même le droit à quelques railleries : « c’est la 5ème césarienne de la nuit, c’est pénible… », « avant les femmes accouchaient sans péridurale, c’était bien plus difficile »). Le papa n'avait pas eu le droit de me rejoindre (même en se plaçant à ma tête), il est resté debout, dans un couloir, seul, sans aucune explication. Au moment de la naissance, une personne m’a montré mon bébé durant quelques secondes puis elle est repartie immédiatement. J’ai demandé pourquoi mon bébé ne pleurait pas mais personne ne m’a répondu. J’ai appris plus tard qu’il a été donné à son papa. Malheureusement, à ce moment-là, mon mari a pu voir derrière une vitre, le chirurgien en train de recoudre mon ventre !

 

Malheureusement, j’ai dormi pendant les 24 premières heures, les produits anesthésiants ayant été très nombreux. Dès que je me suis réveillée et que j’ai souhaité prendre mon bébé dans les bras, une douleur lancinante barrait mon bas-ventre et elle devenait particulièrement violente dès le moindre mouvement impliquant les abdominaux. Etant donné que je souhaitais allaiter aucun antidouleur n’a pu m’être prescrit. Ainsi, je pleurais beaucoup en raison de la forte douleur à gérer, de mon épuisement et de la frustration de ne pas pouvoir m’occuper de mon bébé et donc ne pas pouvoir tisser une complicité forte avec lui. Il m’était impossible de le prendre dans mes bras (quelqu’un devait le poser contre moi, je devais donc attendre la présence d’un proche ou d’un soignant), il m’était impossible de lui donner le sein, de le changer ou de lui donner le bain (j’ai tenu à le faire de rares fois mais avec une douleur indescriptible). Je pleurais à chaque fois que je prenais ma douche ou bien que j’allais faire pipi tant la douleur était forte et je ne suis pas particulièrement douillette. J’ai mis plusieurs jours avant de pouvoir aller à la selle. Je suis restée 7 longues journées à la maternité.

 

De retour à la maison, la douleur est restée très vive pendant plus d’un mois. Mon mari s’est beaucoup occupé de notre bébé… et de moi. Mes mouvements restaient limités étant donné la douleur, la cicatrisation a été très lente et j’ai eu l’impression d’être coupée en deux pendant plus de 6 mois. Je pleurais souvent en repensant à ma césarienne. J’avais le sentiment d’avoir raté mon accouchement, de ne pas avoir su accompagner mon enfant par la pensée afin qu’il sorte de mon ventre sereinement. Le gynécologue m’a simplement expliqué que l’enfant était mal placé. J’étais également triste et frustrée de m’être si peu investie dans les soins et les câlins de mon enfant.

 

Au bout d’un mois et demi, j’ai pu enfin me tenir droite, ma douleur était plus gérable. J’ai pu davantage m’occupait de mon enfant. Malheureusement, ma cicatrice me tirait beaucoup et j’ai dû réaliser de nombreuses séances de cellule M6 chez un kiné pour décoller les adhérences de la peau (douloureux mais indispensable dans mon cas).

 

Trois ans après, je suis à nouveau tombée enceinte et à quelques jours du terme, mon nouveau gynécologue a décidé de réaliser un scanner du bassin qui a révélé un bassin trop étroit pour une naissance par voie basse, quel que soit le poids du bébé. Quelle fut ma surprise ! J’ai enfin compris pourquoi j’ai eu tant de difficultés lors de mon premier accouchement et j’ai pu enfin cesser de culpabiliser. Ayant très peur de revivre une césarienne, je me suis souvenue d’un reportage télévisé qui présentait une nouvelle technique : la césarienne extrapéritonéale. J’étais sceptique quant à la promesse de pouvoir dès le soir même, marcher normalement, aller aux toilettes sans douleur et manger ! Mais la plus belle des promesses était de pouvoir s’occuper de son bébé dès l’accouchement : le porter, le changer, lui donner le bain, pouvoir se lever et le prendre contre soi à tout moment.

 

J’ai rapidement pu identifier sur Internet les rares médecins pratiquant cette technique ainsi que leur lieu d’exercice. Par chance, le Dr Simon (seule femme à effectuer cette césarienne) était à proximité de mon domicile. Ma situation était complexe : le gynécologue qui m’a suivi pendant toute ma grossesse avait programmé une césarienne classique et réserver le bloc opératoire d’un hôpital local pour dans 7 jours ! Lorsque j’ai abordé avec lui la technique de la césarienne extrapéritonéale, il m’a dit que cette pratique n’était pas possible dans mon cas étant donné que j’ai eu une césarienne classique. Cette information m’a découragé sur le moment, sans compter qu’il me semblait impossible d’obtenir une consultation chez un gynécologue en si peu de temps et de surcroit qui ne me connaissait pas et qui n’avait pas suivi ma grossesse !

 

Connaissant ma faible chance d’obtenir cette césarienne prometteuse mais poussée par la peur de revivre le même cauchemar avec une césarienne classique, j’ai tout de même essayé de contacter le secrétariat du Dr Simon. Une infirmière Claire Steinfels, assistante du Dr Simon, a tout d’abord pris le temps d’écouter mon parcours de santé et ma motivation pour cette césarienne. Elle m’a assuré que cette pratique est compatible avec un antécédent de césarienne classique, puis avec beaucoup de gentillesse, elle m’a promis de revenir très vite vers moi avec des solutions. Une heure après, elle m’a rappelé en me disant qu’après s’être concertée avec le Dr Simon : elle pouvait me recevoir le soir même (18h), ainsi que le Dr Simon (19h). Elle a également pris soin de m’obtenir un rendez-vous avec un anesthésiste de la clinique (20h) mais aussi d’organiser une visite de la maternité et de rencontrer les sages-femmes présentes (21h) ! Euphorique et épatée par une telle efficacité d’organisation, mon mari et moi sommes allés aux différents rendez-vous (excellent accueil de tout le personnel et du Dr Simon) et le soir-même la césarienne extrapéritonéale était programmée 7 jours après ! Le Dr Simon m’a confirmé que je ne pouvais accoucher par voie basse et elle nous a expliqué en détail cette technique opératoire ainsi que le déroulé post-opératoire. Elle a insisté sur le fait que c’est la maman qui effectue les poussées lors de l’accouchement, exactement comme par voie basse. Pour cela, elle m’a demandé de rencontrer rapidement une sage-femme à son cabinet de ville afin de m’expliquer le fonctionnement du winnerflow : un embout dans lequel on souffle pour contracter les abdominaux et favoriser l’expulsion du bébé. J’ai donc consulté cette sage-femme et j’ai contacté le gynécologue qui a suivi ma grossesse afin d’annuler l’intervention de césarienne classique.

 

Accompagnée de mon mari, je suis entrée en clinique un lundi matin pour un accouchement prévu à 14h. On m’a installé dans une chambre individuelle, j’ai rencontré le personnel soignant, j’ai pris une douche à la bétadine (comme la veille au soir), on a vérifié mes constantes puis direction le bloc ! J’étais impressionnée et heureuse ! L’équipe soignante était nombreuse au bloc, tout le monde était détendu, prévenant et souriant. Mon mari a été à mes côtés tout au long de l’accouchement. Le moment a été magique : j’ai poussé fort (en soufflant dans le winnerflow), mon mari me tenait la main et nous avons vu notre petite fille sortir doucement : d’abord la tête puis tout son corps. Ainsi comme un accouchement classique : j’ai été active, j’ai poussé (les médecins n’ont pas appuyé fortement sur la tête du bébé pour le faire sortir, comme dans le cas d’une césarienne classique), puis nous l’avons vu sortir petit à petit (ils ont légèrement abaissé le champ opératoire afin que l’on voie le bébé mais pas l’incision chirurgicale bien évidemment). Ma petite fille a été placée un bon moment contre mon visage, mon mari était très heureux, l’équipe nous a même pris une photo tous les trois. Puis rapidement, le papa a pu faire une heure de peau à peau pendant que l’on m’effectuait des soins.

 

De retour dans ma chambre, la sensation de mes jambes est très vite revenue et j’ai pu, comme promis, me lever et marcher sans douleur : c’était vraiment formidable. Cet accouchement ainsi que l’absence de douleur m’ont permis de m’occuper immédiatement de mon bébé : une forte complicité s’est installée dès les premiers instants, tandis que j’avais été contrainte à une certaine distance avec mon fils étant donné ma douleur et mon incapacité à bouger. Dès le soir, j’ai pu marcher, aller aux toilettes, manger et bien dormir. Durant mon séjour je n’ai pas souffert étant donné que le personnel prêtait une grande attention à la prise en charge de la douleur : ils souhaitaient anticiper les douleurs et ne jamais les laisser s’installer. Ainsi, nous sommes rentrées jeudi matin à la maison et j’ai pu continuer à m’occuper de ma fille sans difficulté, accompagnée d’un traitement antidouleur léger (paracétamol…). Ma cicatrice était fine avec de la colle qui s’en va progressivement et les points en internes étaient résorbables. Je l’ai rapidement massée tous les soirs avec une crème cicatrisante et je ne devais pas me baigner pendant un mois (durée de la colle).

 

Depuis, mon bébé se porte très bien et moi aussi, nous gardons un merveilleux souvenir de cette naissance et nous remercions avec beaucoup d’émotions toute l’équipe soignante, aux petits soins durant l’accouchement. Nous éprouvons beaucoup de gratitude envers Mme Steinfels pour sa gentillesse et son incroyable capacité d’organisation ainsi que pour le Dr Simon, qui n’est pas seulement une excellente chirurgienne (cicatrice parfaite, technique indolore qui ne déchire pas le péritoine…) ayant pour objectif la bonne santé de la maman et du bébé, elle a surtout le souci constant du lien entre le bébé et sa maman. Pour elle, un accouchement réussi implique une bonne santé mais aussi la création d’une complicité forte avec son bébé permise par l’absence de douleur post-opératoire et donc la possibilité de se mouvoir et de s’occuper pleinement de son enfant. En cela, sa sensibilité (que tout gynécologue devrait partager) a permis le développement d’une technique opératoire unique, rendant les mamans actives dans leur accouchement, dans les soins de leur bébé. Mamans et bébés sont alors forcément heureux, sereins (ma fille de trois mois ne cesse de sourire depuis sa naissance) : merci infiniment pour cela. Pourquoi donc la césarienne extrapéritonéale n’est-elle pas la norme aujourd’hui lorsqu’un accouchement par voie basse est impossible ?

 

Le docteur Bénédicte Simon m'a accouchée pour mes deux enfants : ma fille aînée, née en septembre 2014, et ma fille cadette née en juin 2016.    

Il s'est agi pour moi de deux expériences fortes, comme on le vit toujours dans ce moment qui nous est donné de "mettre au monde". Les deux accouchements ont été très différents, mon premier enfant étant née par voie basse - en plein soleil d'après-midi - et ma cadette étant née par césarienne, en toute fin de soirée.

Lors des consultations de suivi les mois précédant l'accouchement , j'étais habituée à voir le docteur Simon de façon assez rapide, compte tenu du rythme des consultations. Mais la présence et la grande humanité du docteur Simon se sont révélées pour moi le jour de mes deux accouchements.

Dans ces deux situations, j'ai apprécié la disponibilité du docteur Simon et son professionnalisme, dont je voudrais rendre témoignage. J'ai apprécié également son calme - y compris dans les moments les plus critiques - et ses paroles venues me "rejoindre" en fonction des émotions que je ressentais : paroles pour rassurer ou pour encourager, paroles toujours très respectueuses aussi de la maman anxieuse que j'étais, en particulier pour la naissance de mon 1er enfant.  

Son calme pendant l'accouchement, je l'ai senti sur ce visage extrêmement concentré, je l'ai senti aussi par des gestes et des mots concis. Lors de la dernière phase de mon accouchement par voie basse, les consignes qui m'étaient données m'ont permis d'avançer pas à pas, jusqu'au moment de toucher enfin la petite tête de mon nouveau-né posé contre moi.  

?Dans tout le suivi précédant l'accouchement, j'ai apprécié aussi l'approche globale des choses, son sens de l'anticipation, et le souci du docteur Simon de regarder chaque risque en présence dans le choix de la décision et de ne rien laisser au hasard - y compris par exemple certaines caractéristiques du 1er accouchement. Au fil des semaines, elle avait pris le temps d'échanger avec moi sur son analyse et sur son "cheminement", sur les risques en présence selon elle et sur la décision qui se dessinait (dans mon cas, l'option possible d'une césarienne) . Son analyse des facteurs en présence s'est révélée exacte le jour de l'accouchement.

Sans être une spécialiste de la question, j'ai compris aussi que sa technique de césarienne n'est pas commune. Elle l'appelle d'ailleurs "césarienne naturelle" : qu'est-ce que cela signifie, avais-je demandé? Le docteur Simon et son infirmière Claire m'avaient répondu dans un sourire : "nous faisons de la place pour le bébé, mais c'est vous qui le faites sortir". Et ce notamment par  l'utilisation du winner flow (comparable à un sifflet, mais heureusement dépourvu de son strident!) qui permet à la maman de "pousser", et ainsi de participer quand même à l'accouchement et à la venue de son bébé, comme en écho à une maman accouchant par voie basse.

Le recours au winner flow m'a été  dans les deux cas très utile. Pour la voie basse, il m'a aidée à répartir mes efforts et à les rendre plus efficaces.

De plus, pour la césarienne je n'ai eu ni agrafes ni fils, mais simplement de la colle. Toujours est-il que j'ai été remise d'aplomb bien plus rapidement que les délais habituellement annoncés.

Pour toutes ces raisons, je suis très reconnaissante au docteur Simon et à Claire, son assistante et infirmière, pour ces deux accouchements. Pour des raisons différentes, ils n'ont pas été faciles mais je les ai vécus avec sérénité et de la manière la plus apaisée possible parce que je me suis toujours sentie en confiance et accompagnée.

En partageant le récit de l'accouchement de mon 2e enfant à l'une de mes plus proches amies, et le choix qui nous avait conduits à opter pour la césarienne, à ma grande surprise je vis ses yeux s'embuer de larmes. "Le médecin t'a sauvé la vie", m'a-t-elle simplement dit, me confiant que sa propre grand-mère était décédée des suites de couches en raison d'une hémorragie.

Près de deux ans plus tard, je ressens de la joie et de la gratitude pour cette vie comme redonnée, vie à pleines mains, comme si j'avais moi aussi vécu une nouvelle naissance, ô combien particulière, naissance en donnant la vie.

 

Il n'y a rien de plus merveilleux et excitant au monde que le sentiment de la maternité.

Le témoignage du moment, donnant la vie à son bébé poussant son premier cri, te touche, te fait pleurer et te fait vivre un sentiment universel commun à toutes les mères du monde, quelque soit leur nationalité ou l'âge.

La relation mère-enfant est unique, c’est une union parfaite.

Une mère est une personne qui ne peut pas être remplacée.

Chaque jour de grossesse n’est pas toujours facile pour une femme, mais au cours de ces 9 mois, sous la supervision d'une spécialiste attentionnée et expérimentée (Dr Simon) ; ceci est presque surmontable.

Grace au Dr Simon, qui utilise une nouvelle méthode de césarienne, j'ai participé et j’ai été un témoin actif lors de la naissance de mon bébé, et c’est le moment le plus merveilleux et inoubliable au monde.

Le moment quand on voit apparaître la petite main du petit miracle, la tête avec les yeux aimables et quand on entend le premier cri, puis on sent son petit cœur battre vite sur sa poitrine.

Grace à cette nouvelle méthode, beaucoup de femmes sont capables de croire en eux-mêmes et en leur propre force intérieure.

Je suis très reconnaissante au Dr Simon pour sa présence et soutien. Elle a offert la possibilité à mon enfant et moi de vivre ce moment merveilleux et ce sentiment unique.

 


© 2018 - Graphisme : Melanie Duquesne